D'incorruptibles poésies, espace créatif aux jardins suspendus

Les mots qui suivent ont pris leur envol sur la langue en forge...
de Régis MOULU

Retrouvez la voix de l'auteur incarnant son très inspiré et récent poème "Un gribouillis de voiles" sur BàO webzine,
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Promesse de moisson éternelle

Tu me parles
et mes oreilles s'ouvrent en pneu,
j'ai avec toi
une patience de vitre frontale,

à jamais je tracterai
l'espoir
de pouvoir
tout faire germer,

machine à découdre la Terre, machine à découdre la Terre
ou le bel outil
à faire fleurir les sillons, suis-je,
usons-en, usons-en…

Continues, continues
sont les deux guirlandes
que je trace
quand mes oreilles massent le sol,
puis-je encore longtemps redistribuer
le hasard vert de la vie,
pour les nôtres, pour que nous ne soyons plus
chevaux de trait, bras à pétrir,

pour qu'en chaque tracteur niche un médecin accoucheur,
le sage-homme qui chérira toujours la terre
des femmes endormies.

extrait de Cœur Mayonnaise, éditions Hélices, 2008 - se procurer le livre

 

 

 




Reconvocation des chairs



Car, plus que jamais,
je veux encore et toujours
venir participer avec vous
à l'esprit de la jungle,

pratiquer la langue de l'intimité,
la chair sans entremise,

déceler nos difformes harmonies,
nos comportements géosismiques,

affoler les frontières de l'inexistence,

retrouver en moi le peuple du sang,

et fleurir comme on débarque en Normandie,


je veux une tenue d'homme complète

POUR MIEUX ME DÉTACHER
DE MON PETIT CONTINENT,

ce minimum serait-il envisageable
ou faudra-t-il que tout ce que je vous dis
tienne dans votre main ?

poème inédit

 

 

 

 


La Grande Embardée. A Poupette.



Trafic d'air,
complicité de pierre,
l'asphalte se prend de rayure pour un jaune paille
mouillé

et c'est l'embrasement

un métissage
tout en contraste,
ici encore tu occupes mes pensées

on se rapproche

jamais muette,
maintenant
j'enroule des paysages dans l'assurance de les savoir sans horizon,
un renard de sang s'est couché dans le ciel bien peigné
sans cesse désobligeant
solennel aveu au goût de la main qui n'atteint rien,
mes jambes s'ouvrent solidaires à mon envie de détaler,
partir,
ah,
juste partir,

ah se laisser partir

agissent ici une vie d'aventure
et l'effort de la relâche

je pense à toi

et j'ai hâte de me précipiter
la vitesse en justificatif
il faut toujours des sacrifices
mon pare-brise est devenu hôtel de campagne pour d'authentiques insectes qui s'y arrêtent définitivement,

minute de silence,

interrupteur,

parmi tous nos contours je préfère les fenêtres,
on s'y pénètre,
je focalise,
courts-circuits et connexions,
vivre comme deux êtres circulaires
me conduit à développer des obsessions,

nerfs de rage orage de survie

de mes nuits dynamo je commençai à jalouser nos vallées sans fin pour leurs hymen recommencements

loin des copies que professe la paresse,

tant que je serai en auto
je t'aurai dans la peau !
o ...............o

extrait de Les Ultraterrestres, éd. Unicité, 2010 - se procurer le livre










L'Echappée Belle


Quelque part au dessus du vide,
la tessiture se fait
jambes qui tiquent,
tissent des arabesques,
le temps d'un vitrail.

L
l'espace des hauteurs
et tout son aplomb
nous hantent,

l'humilité en l'air se fait peur
et cueille une
fleur,

comme si
l'aérodynamisme
n'était qu'une crème
de l'amorti.

extrait de Les Ultraterrestres, éd. Unicité, 2010 - se procurer le livre


Le hasard détrempé


Doigt,

à ton bout

nous mettons

toute notre foi

pour que s'écrive

à l'encre invisible

l'histoire en formation.


extrait de la revue Esprits poétiques, vol 1 Providence d'écrire, éd. Hélices, 2009
-
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La mer,
sujet nouveau

Couplet orphelin :

O combien se sont entassés sur ces plages
faute de ne pouvoir aller plus loin ? Ça ne suffit pas.
Et moi de taquiner le flot sanguin
pour ses fantômes d'écume
en rançon à tant de disparitions.
Mystères à l'eau de mer,
quand le sel distille les indices
et la vague les cris sursitaires,
je pars sans bruit vers ces vapeurs
comme l'on s'embarque parfois sur un rein.

Divagation :

Quand univalves, bivalves et autres gullivers
s'immoleront sur le même refrain,
je serai parti pour d'autres confins
où les empreintes deviennent stellaires
au moins en ambition et, ainsi grand-père,
j'encouragerai au mieux disant notre genre humain.

extrait de Un coucher de cerise, éd. LGR, 2001 - se procurer le livre

Autres poésies :

"Un Coucher de Cerise" (2001)

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Autres autres poésies :

"Coeur Mayonnaise" (2008)

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Poésies, encore et toujours :

"Les Ultraterrestres" (2010)

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